27 déc. 2007

Noël pas taggé

Derniers jours épiques, en équipe.


Le 24 au soir, tous les cinq réunis à la lumière de la bougie. Il y avait du vin, un vrai repas de Noël malgré les courses et préparatifs entamés à huit heures, des truffes au chocolat, des discussions animées et un crumble aux pommes. Ensuite, les cadeaux. Marc était ravi de sa photo de Bob Dylan dédicacée par Gatewood. Je suis sûre qu'Elie a adoré le Jésus à faire grandir, et quant à moi, je tenterais l'Amérique avec Stephen Colbert. Plein de choses. Du Yerba Mate argentin surexcitant. Des cigares.


J'ai eu aussi des DVD, des bottines victoriennes, et Rent Girl de Michelle Tea, que je convoitais.

Et pour conclure l'anniversaire de Jésus, quoi de mieux qu'une séance de spiritisme ? A la lueur faiblarde de la bougie, nous avons donc scotché un Ouija board sur la table. Renversé un verre, et attendu, les doigts tendus. Et finalement, nous avons bien été visités.. Le verre s'est soudain mis en mouvement, cherchant des lettres, et nous livrant des messages incompréhensibles. Il aimait le jazz, les Beatles. Puis, il se met à nous dire n'importe quoi. Je ne me sens pas tout à fait à l'aise, je sens aussi autour de moi des regards suspects que pose chaque sceptique sur l'autre. Nous finissons par arrêter. J'ai du mal à y croire. Nous sommes tous entre deux eaux. Après une minutieuse déconstruction de ce qu'il s'est passé, de notre conception judéo-chrétienne et occidentale de l'esprit, nous recommençons, et parvenons plus ou moins à démystifier la chose : ça ne marche guère plus. Cependant, je ne nierais pas qu'il y a bien quelque chose. Que ce soit l'émulsion du groupe, la coopération des cerveaux, c'est impressionant. Et avec un peu plus de mise en scène, j'aurais peut-être pu y croire.


Le lendemain, chez le diabolique Naut Humon, invités par la chanteuse Li Alin, grâce à Elie. Que de gens...
Nous avons joué à Trivial Pursuit. Dieu, que les invités étaient cultivés... Heureusement, je savais que Babar est un éléphant, et que Don Diego de la Vega est en fait Zorro... Hm. Mangé du saumon, des petits fours, dansé la salsa, dans le Compound, maison-lieu de spectacle, entrepôt au milieu du ghetto noir du San Francisco industriel, que même notre taxi technophile ne situait pas. Certains sont revenus saouls, d'autres avec un Moleskine, et d'autres encore avec les yeux gris.


Ce soir, tout le monde est parti.

Trois belles journées.
C'est un peu triste, et plus calme.

24 déc. 2007

After Eight

J'ai pris deux semaines de vacances, avec l'espoir de partir un peu de San Francisco. La Nouvelle Orléans ?


Marc est arrivé alors on a enchaîné les quartiers de SF, pour qu'il voie un peu la ville, et c'était cool. On a mangé des pizzas, des burritos, on est allés à un concert à Berkeley dans le squat punk, on a dormi jusqu'à 15 heures, essayé des habits de hippies, traversé des étagères de vieilles librairies, acheté des millions de cadeaux. Presque. On a aussi prit le Cable Car pour la première fois. C'est trop rigolo, et ça descend les collines de San Francisco comme des montagnes russes. Bref, amusés.
Et demain Mathilde et Quentin arrivent par le bus. On ne sait toujours pas où ils vont dormir, et en fait, je crois que ça va être avec Marc dans notre canapé. Hmmm. Il est grand.


On a vu aussi Blade Runner. C'est tellement beau. En sortant du cinéma, la nuit, les rues désertes, une pluie torrentielle sur les gratte-ciels de Downtown. J'aurais voulu un réplicant.


Pour le repas de Noël, on a du foie gras. "Smuggled at the border".
On pourra manger de la pizza au foie gras. Et boire du vin. Et mettre nos cadeaux sous une photo de sapin.


Je recommence à avoir les cheveux longs.. J'ai presque l'air coiffé.
Et le 26, on visite Alcatraz. Et la brume.

13 déc. 2007

Calendrier de l'Avent


Je regarde Evel Knievel, "an American motorcycle daredevil" - il a acheté une partie du Grand Canyon et a tenté de le franchir. Dans une espèce de fusée. Et ça fait presque quatre mois que je suis ici.

Après avoir identifié les plus grands problèmes des Etats-Unis (leur obsession pour les animaux de compagnie et l'existence de fantômes), je suis toujours heureuse d'être ici.
On a tiré mes cartes au Tarot, et mon futur est immaculé. Ce matin, un policier voulait qu'on échange nos numéros, et puis ce soir j'ai vu une course poursuite avec une formidable tête à queue d'une voiture de police dans le quartier des gangs mexicains...
Il y a aussi eu ce concours de films d'une minute avec un portable, sur le thème Something from Nothing, où Elie et moi avons raflé la troisième place avec notre French Theory : 0+0 = la tête à Toto ! Et discuté avec Christopher Coppola, de la famille du même nom et frère de Nicholas Cage..
Pour le reste, censure.
Et nous suivons la venue de Khadafi en France sur Ce soir ou jamais.

C'est bientôt Noël. Ces dernières semaines n'ont pas été des plus faciles peut-être, pour tout le monde. Ce week-end, nous aurons un sapin. Mardi, un petit Marc qui débarque de Chicago après deux jours de train, et puis plus tard, Mathilde et Quentin de L.A., quelques jours. Nous serons donc cinq petits français sardinés dans ce petit appartement.

Il s'est passé beaucoup de choses, donc. Je suis allée chez Teresa, une fellow intern, qui vit dans un hangar réaménagé à West Oakland, avec 13 autres personnes. Une partie est une gallerie d'art, le reste c'est la maison. Et puis sur le chemin, on croise de grandes maisons victoriennes avec des poules dans le jardin, des fils barbelés, ou des gens qui vivent dans des minibus.

Aussi, je travaille sur une pièce très interessante, Octopus de Steve Yockey. Demain soir pendant la lecture, je m'occupe du son, après trois jours de répétitions. C'est une pièce sur deux couples d'hommes gays. Je me retrouve entourée de quelques Frédéric Mitterrand, qui ont peur de me choquer. C'est amusant.

[Elle se lève, et arrange sa chemise de nuit. L'appartement s'emplit d'une lumière bleue. Elle s'étire, puis s'allonge, et après quelques frétillements de pieds, s'endort sans effort.]
Il est tard.

8 déc. 2007

Les dessous (sales) de Paris

Alors que le fantasme de la petite française est toujours bien ancré dans la culture américaine, voici que Paris, capitale du ? s'éveille (même si nous sommes largement en perte de vitesse - aux armes, citoyens, que diable). La BNF organise une exposition avec les saisies de la police pour contenu contraire aux bonnes moeurs...

Vous pourrez même y voir les manuscrits du Marquis de Sade ou de Bataille, et plein de petites choses qu'il vaut mieux voir que décrire.
Allez-y, vous qui avez la chance d'être en France.
Lien

Las Vegas

Photos updatées...

4 déc. 2007

Nouvelles

La connexion à la maison est trop faible pour me permettre de renouveller mes messages... Et le serveur du Magic crashed.
Pourtant, je voulais parler de Thanksgiving, de Marc qui vient à Noël chez nous (je m'en vais en quête d'un sapin bientôt), de mon nouveau projet théâtre-sciences qui m'a enfin été confié, des nouvelles découvertes de mon père qui lui ont fait renverser son café sur son clavier, et puis aussi, de la Mort, même s'il me semble que ce qu'il y a à dire dessus reste toujours dans la banalité, parce qu'au fond il n'y a que la douleur. Alors peut-être qu'il ne vaut mieux pas en rajouter.
Je tire mon chapeau.

Mais je reprends bientôt mes petits contes. Je suis heureuse des nouvelles que certains d'entre vous m'envoient..

24 nov. 2007

Have fun



Nous sommes donc allés à Las Vegas.
(je mettrais les photos plus tard, ma connection est trop lente pour l'instant)

"What happens in Vegas, stays in Vegas."


Las Vegas a une certaine aura.
Rome s'y est construite en un jour.
Je peux tout avoir à Las Vegas, je peux être qui je veux. Je suis une rock star, je suis riche, j'ai de la chance, on m'admire.
Et puis tous les interdits sont réunis; je peux me faire aimer toute la nuit, avoir une limousine, des gardes du corps.
Everything is money. Un tour de roue et je suis riche. Ou bien, je joue à être riche, et je donne un tour de roue.
C'est excitant de vivre dans un jeu de monoply. Et puis au coeur de l'Empire de l'Argent, ironiquement, le dollar ne vaut guère plus que quelques battements de cils.


Las Vegas est une ville étrangement déprimante. Trop de filles en talons, trop de gens qui claquent le fric qu'ils ont économisé pendant un mois, trop de gars qui reviennent d'Iraq. Le monde falsifié. On s'est assis avec Elie au bord de l'eau au Venetian, avec des gondoles dans un mètre d'eau et des américains déguisés en véniciens qui chantaient de l'opéra à des couples qui faisaient semblant d'être seuls. C'était laid, c'était triste.
C'était si facile de répliquer le monde.

L'ambiance de Las Vegas ne ressemble pas à celle qu'on voit dans les films américains. On y va une fois et on n'y retourne pas. Sauf si on est strip-teaseuse et qu'on cherche du travail.



Quand même, on avait une grande belle chambre au Bill's Gambling Hall, résidence de Big Elvis, un Elvis obèse. On s'est promenés, on a gagné puis perdu de l'argent, on a vu Jerry Seinfeld (un comique qui me fait rire !), et The Phantom of the Opera. C'était bien..
On a aussi vu Bodies, une exposition de vrais corps humains préservés avec du silicone. On peut tout observer : les muscles, les os, la peau, les organes, les foetus, les vaisseaux sanguins... On a même pu voir le réseau sanguin intégral du corps humain, ça fait comme des petites touffes de coton rouge.

Et puis j'étais contente de voyager un peu avec Elie. Parce qu'on a vu du pays pendant notre aller-retour de 30 heures en bus...

Voilà. That was Vegas.

20 nov. 2007

Enfin.

Ca fait longtemps...
Il s'est passé beaucoup de choses.

C'est Thanksgiving jeudi, alors c'est les vacances.. J'ai bien envie de manger du turkey aux cranberries, et d'être une pilgrim. Vendredi, j'irais faire du patin à glace au soleil. Il fait toujours beau ici.
Je dois aussi vous raconter Las Vegas. Ca va venir.

Notre appartement commence bien à ressembler à un intérieur colonial indien.
Nous avons un immense éventail doré, avec un tigre.
Une vieille carte du Canada. Oui, ça n'a rien à voir.
Des meubles en bois verni à tralalas, et un lit en satin rouge.
La photo érotico-kitsch d'une naine.
Et puis, c'est rangé.

Mais, après une nuit passée dans un bus fort inconfortable, je ne vous en dirais pas plus..

Paolo Nutini - New Shoes UK Version

Découvert dans l'immense écran plat de notre chambre d'hotel à Las Vegas.
Ecoutez.

7 nov. 2007

Mad Max

Hallow'een.
Je suis une montreuse de monstres avec un vélociraptor, au V. Vale the Vampire Circus.


Le weekend prochain, on part à LAS VEGAS. Et je rentrerais dans les casinos... Je n'ai pas acheté une hermine en fourrure et un porte-cigarette pour rien, mes amis. Et je compte bien avoir la panoplie de joueurs de poker (riches) qui s'ensuit.


Pour ceux que ça intéresse, j'ai à nouveau un téléphone portable après avoir perdu le premier dans les toilettes... Mmmh.


Mes parents sont venus, et je me sentais moins loin de mon clan.. J'ai même revu mon ancienne maison ici à El Cerrito, les amis qui allaient avec, et je me sentais comme moins déracinée. Mais une petite vidéo du discours de Sarkozy qui revient encore voir "George" m'a ramenée à notre dure réalité nationale. Ca m'avait étrangement échappé que la "France est les Etats-Unis". Lien
Il y a un nouveau caniche.

Nous sommes allés au Day of the Dead, la Toussaint mexicaine le 2 novembre. C'est une grosse fête, avec une grande parade et des gens déguisés et maquillés en squelettes qui dansent. Les gens construisent des autels ou déposent des mots pour les gens qu'ils ont perdu. C'est très beau.



Ce soir, à l'Exploratorium, une série de nanoplays sur les nanotechnologies avec le Magic..

Histoire de faire réfléchir culturellement les scientifiques de la conférence qui se tient à San Francisco.


Et le 22 novembre, nous sommes officiellement invités pour Thanksgiving...

Extravaganza


Oddity




29 oct. 2007

Awaiting the party


Pendant que Haight-Ashbury recolorise Elie, mes cheveux se noircissent à la mode de mon nouveau chapeau haut de forme.

Last Week

Attirés par la gratuité du lieu, on se retrouve au Conservatoire de SF pour les Quatre Saisons de Vivaldi. John Sulack, un ami de Vale, qui faisait partie de la scène punk de Chicago au début d'une longue et triste histoire, nous dit qu'il y a une private party à l'étage, et qu'il suffit d'ignorer le signe pour aller squatter le buffet. Speaking of punks. Le concert était très beau. Ca fait envie..

Il y a aussi eu la lecture de FERLINGHETTI à City Lights Bookstore, pour son nouveau livre. Il a 80 ans et Vale trouve qu'il faut le voir avant qu'il meure. On est en effet reparti avec un livre signé. Un pour deux. Puis on a retrouvé des élèves de la punk rock classe (c'était un field trip). Après une petite réunion chez Vale plutôt drôle, et quelques tentatives infructueuses (no ID) d'entrer dans des bars et même dans un club de strip-tease [le nouveau co-intern d'Elie est doorman au Condor], première invitation dans notre petite maison, donc Ian, un élève.
Qui, malgré sa stature, nous a lachés après deux verres de gin et s'est endormi sur notre canapé, après nous avoir dit qu'il pensait qu'on était frère et soeur. Nous sommes donc allés nous coucher avec Elie, pour une nuit un peu agitée parce que trop alcoolisée..
Au petit matin, le Magic me semblait encore plus loin que d'habitude.

23 oct. 2007

Let's get scared

Oui, c'est bientôt HALLOW'EEN (le 31 octobre) et il va falloir trouver un déguisement... Je n'ai toujours pas d'idée révolutionnaire. Colleen m'a proposé de m'habiller en française. C'est à dire avec un bérêt, une cigarette et une baguette, elle m'a expliqué - j'étais un peu prise de court.


Hallow'een ici c'est très sérieux, ils ont un certain sens de l'humour. Et à San Francisco, ce n'est pas tant la fête des enfants.. Nous n'avons toujours pas décidé ce que nous allons faire, mais Elie ne réchappera pas au trick-or-treat.
D'ailleurs je crois qu'Elie va se déguiser en Dog the Bounty Hunter [si tu n'es pas gentil Dog viendra te chercher]. Quant à mes seins, ils ne sont pas assez gros pour faire Beth.

H days


Aussi, SUSPIRIA de Dario Argento dans un cinéma salle unique près de chez nous. Film d'horreur italien des 70s, c'est l'esthétisme sinon rien. Au milieu des papiers peints psychédéliques, dans un grand manoir rouge gothique en Allemagne, une jeune américaine se bat contre des événements maléfiques. La musique et les couleurs absorbent, etc'est la sensualité littérale.
J'ai eu vraiment peur, et il n'y a pas si souvent de scènes d'horreur pareilles - comme le marais de fil de fer enroulé.
Voyez ?


Et puis, c'est toujours l'été indien/réchauffement climatique ici...

22 oct. 2007

The Hypnodrome

L'autre soir le taxi nous dépose dans une petite cour avec un signe presque clignotant : The Hypnodrome. Un vampire aux dents limées nous accueille, c'est Russell Blackwood le directeur du petit - mais professionnel - théâtre. Une vamp nous montre où nous asseoir et je regrette de ne pas pouvoir nous cacher derrière les rideaux flottants des loges du fond, qui suivent des thèmes différents : léopard, velours rouge et miroirs, satin bleu et cupidons...

Je dirais que c'est mignon ici, si ce n'était l'ambiance. Guillotines et têtes coupées, femmes fatales et hommes aux cheveux longs gelés en arrière. On se situe dans la tradition du Grand Guignol français, horreur sang sexe et farce. On commence par le Faiseur de Monstres, puis quelques Google Fetish, et enfin des prisonniers surhumains et squelettes fluorescents lachés dans le noir avec nous pour la fin.



Heureuse de me retrouver dans la ville la plus sacrilège des Etats-Unis selon les hardcore hawks...

18 oct. 2007

In the Streets of San Francisco

En allant au New College où j'écoute les classes de V. Vale sur le punk rock (que je raconterais certainement dans un prochain post), Elie étant maintenant "teacher assistant", je suis tombée sur là-dessus:



Il y en a souvent dans les rues de San Francisco.


Là, c'est dans Mission, le quartier mexicain montant près du Castro gay, où l'on croise tout le monde et n'importe qui. Il y a des friperies trendy, des boutiques aux cent collants - mes jambes se constituent une solide garde-robe. Il y a des gangsters en rouge ou en bleu, des librairies de livres usés avec des sections spéciales tueurs en série, religions inconnues au bataillon des autels, et des clochards qui dorment dans les fauteuils où l'on peut s'asseoir pour feuilleter un bouquin.


Après avoir parcouru la ville à pied et en voiture pour afficher des posters de notre prochaine pièce au Magic dans tous les Starbucks et Peet's Coffee & Tea [ergh], je peux affirmer : San Francisco is just so cool.


8 oct. 2007

Ya gotta have attitude


Deux semaines. Je suis revenue.
J'écourte pour disserter sur le plus curieux. Pour ce qui fait lever les yeux.

Il y a eu le concert des UNHOLY GRAVE et autres groupes de hardcore-rock-metal-etc. Ayant bu dans un buisson en bonne compqgnie d'Elie et du Re/Search crew, je me retrouve en parfaite humeur pour le hangar punk libertaire à North Berkeley, et sa musique du soir plutôt spéciale.

Il y a eu les happenings musicaux/vidéo à RML. Branchitude et filles aux cheveux noirs frangés. Musique industrielle, earplugs orange fluo, le ventre qui rythme et les projections sur les quatre murs qui sont en fait des écrans. J'accompagne Elie qui vend des livres là-bas. C'est cool. C'est expérimental. La visite cokée des studios me fait penser à la visite d'une fusée tellement il y a de boutons partout, écrans et clefs de sécurité.

Quant à mon travail, toujours très bien. On va monter un INTERN PROJECT. C'est-à-dire qu'on va monter une pièce de théatre du début à la fin : choix de la pièce (ou peut-être écriture de quelques petits textes), choix et création des décors, mise en scène, publicisation et marketing etc.
Du boulot quoi !

Perversion for Profit

The Folsom Street Fair

Je lis Bukowski.
Je rirais du prochain qui dire que l'Amérique est puritaine.
Le week-end dernier, the FOLSOM STREET FAIR.


Quelques buildings au milieu de San Francisco. Le soleil rasant et des légions qui se rassemblent.
Une étrange migration, un clochard brandissant le carton qui pavera la route de l'enfer : Will spank for food.


Célébration des gays, cuir, sexualités marginales :
gays musclés, bronzés en leather straps et strings de cuir
soumis en laisse ou tenus par un mors et qui marchent au pas, à la lettre, avec les claquements des fers sur le pavé
corsets et latex, chaussures vernies à plateformes, martinets, cravaches, menottes, et autres encordés
stands où des martyrs déviants sur leur croix se font fouetter nus devant la foule qui s'excite
onanistes publics et sènes sexuelles diverses
lesbiennes butsch, femme et tout ce qu'on pourrait bien imaginer de transgenres et travestis

Pour clore, finalement, une grue qui balance une cage en l'air, avec une gogo-danceuse dedans.


Je ne vous dirais pas dans quel attirail je m'y suis rendue... San Francisco et Dieu seront mes seuls témoins.

[vidéo sur le site de mon très cher accolyte]

Arse Elektronika XXX

Dans le même état d'esprit, ARSE ELEKTRONIKA. Une série de conférences sur le sexe et les nouvelles technologies.

Si ce qui a précédé vous a choqué (and I left some out), je vous prie de ne pas continuer plus loin.


Première soirée - ouverture.
Encore, cuir, corsets, cheveux noirs frangés, tatouages, punks, gros, hackers.



Un verre de soda dans lequel serpente du faux sperme à la main, Elie et moi observons la démonstration de Moaning Lisa, jeu intéractif de frottis-frotta qui amène éventuellement le mannequin à l'orgasme si le joueur est assez doué.


Après un petit tour des lieux, donjon où s'étalent quelques années de tournages de pornos SM, les maîtres de séance amènent Fuckzilla, autrement dit, une fuck-machine. C'est télécommandé, avec des yeux jaunes et beaucoup de langues à la Gene Simmons, ayant servi dans beaucoup de tournages. Elle est un peu impressionante.


La salle se calme quand un volontaire est appelé. Alors... Suspense...

Tout à coup ! Une jeune fille se lève et se propose. Elle attend 20 minutes le temps de mettre en route Fuckzilla, puis s'allonge nue sur une table et se laisse apprivoiser par le robot. L'ambiance est malheureusement aux rires qui cachent la gêne. Il y a aussi un drap qui cache la fille de la caméra qui filme tout, pour éviter qu'elle ne se retrouve dans les archives du gouvernement américain. Nous, on profite du spectacle.






La morale de cette histoire est que le robot est de manière indéniable (par preuve audible, mais également physique) efficace.

Puis les conférences. L'industrie pornographique ici est très différente de la notre. Ici, c'est le rendez-vous de tous les gens hype, un peu artistes, emblêmes de ceux aux sexualités plus différentes. Ca n'a pas grand chose de glauque pour pevers-pépère. Peut-être parce que les Etats-Unis ont une histoire plus puritaine quant au sexe, alors c'est très subversif d'être dans l'industrie du sexe, et on y rencontre des gens très intéressants qui ont une idée sur ce qu'ils font. On a tout à ré-apprendre...
Je ne ferais pas de résumé des conférences. Si ça vous intéresse (parce que certaines conférences étaient en fait assez recherchées), regardez sur

Regardez aussi http://thedollunderground.com/
C'est une vidéo au croisement art/porno, mais il n'y a là que la bande annonce qui est très bien faite, avec seulement une esthétique érotique.

23 sept. 2007

Expedition Six




Eyes on the moon : restons kitsch..
(Je préfère les Russes)


C'est une pièce de théâtre qui passe au Magic, et qu'on a vue avec Elie.
Ils ne sont pas très contents parce qu'ils ont eu des reviews mitigées. C'est une pièce sur la fusée Columbia qui a explosé, et ce n'est pas bâti sur un dialogue, mais sur des coupures de journaux, internet, interviews etc mis les uns à la suite des autres. Il y a huit acteurs qui jouent beaucoup de différents personnages (je suis un peu sceptique - ça complique beaucoup).
Quelques personnages émergent cependant, les femmes inquiètes des astronautes, les trois astronautes (deux américains et un russe) qui sont restés coincés dans la station spatiale en attendant que quelqu'un vienne les chercher. Les médias et comment ils ont réagi à l'explosion alors que l'attention était plutôt concentrée sur les Talibans. Une lecture de tout ça comme un omen (avec des personnes proches des terroristes qui prédisent l'attentat du 11 sept. et l'explosion de la fusée), un peu comme ceux qui ont prédit la chute de Rome, on pourrait voir là la chute de l'Empire Américain. Et m'a dit l'intern américaine (Colleen), il paraît que certaines personnes ici y croient, à cette chute imminente (j'ai quelques doutes).

Donc, avec Colleen on a dû garder l'exposition sur les voyages aérospatiaux russes et américains. Il y avait plein de petits geeks adultes, fans de l'espace qui la gardaient. L'une était fan de Star Wars (allez comprendre la rapport), un petit monsieur de 55 ans aurait voulu être cosmaunote, et l'autre était né pile dans cette génération que j'ai du mal à imaginer, où on construisait des abris anti-nucléaires, on venait de marcher sur la Lune, et dans dix ans on passerait ses vacances sur Mars. Ca n'est jamais arrivé et je crois qu'ils ont été très déçus et se sont sentis trahis. Donc on a droit à un tour personnalisé de l'exposition. C'est rigolo.
La maire de San Francisco est passé. Il a le genre acteur américain (d'ailleurs je crois qu'il l'a été), il faisait des mariaages homosexuels "until Schwarzenegger told him to stop".


Voilà. Sinon, je continue de dire bonjour à Bill Pullman.

13 sept. 2007

She feels shy and awkward whenever a boy asks her out.

She doesn't drink.

She won't go out with a boy if he drinks too much, curses, or gets too fresh.

13/09

Après quelques semaines de lectures et de critiques, les choses deviennent plus intéressantes au Magic. Je lis toujours des pièces, mais je vais maintenant être formée au casting, et pouvoir interviewer artistes, metteurs en scène et écrivains. Et la semaine prochaine, c'est le grand casting au théâtre, et on va pouvoir regarder les petits candidats qui veulent un rôle dans les pièces de l'année. J'ai aussi reçu les pièces des auteurs que j'avais acceptées pour lecture intégrale. Ils croient qu'ils tombent enfin sur le literary manager, mais non ! C'est encore entre mes mains que se décide leur sort.. Ah s'ils savaient.
J'ai rencontré quelques autres stagiaires, et si l'échange est plus difficile avec l'américaine, je m'entends bien avec les autres old continent people.. oui je sais que c'est mal de ne pas se mêler aux indigènes.

Enfin un appartement, après de longues recherches.. C'est apparement près du quartier français, l'épicier libanais me demande pourquoi on est partis pour venir ici. C'est grand, c'est colonial (et bientôt on aura un alligator empaillé ainsi qu'une poupée ancienne japonaise et une mappemonde). Oui, vous viendrez nous voir chez les British d'Inde. Ce n'est pas pour rien que notre tenant est indien. Oui, c'est Adil. Comme il fait le tour du monde tous les jours tout en réparant sa maison, on n'a jamais le temps de l'attraper. Mais lorsque sonne l'heure de money money, il est là.
Et donc, on a une femme de ménage. Ca va avec le décor colonial.

Elie a traduit le discours de la vidéo de Ben Laden en français. J'invite tout le monde à le lire. Il y a des miroirs intéressants.

Bientôt, Las Vegas.

Fort Mason Center

Hippy !


Summer of love celebration. Elie a fait une vidéo, il faut aller la voir sur son blog (Earthquake Chronicles), elle est vraiment bien.

40 ans plus tard les hippies sont toujours là, ils sont végétariens, ils veulent la légalisation du cannabis. Et ils sont légion. La jeune génération me semble moins drôle et s'offusque de voir des hommes nus (je précise qu'il avait un très gros bleu sur les fesses) et ceux qui s'en sont tenus à l'acide jusqu'à aujourd'hui. On se sent englobé parce que tout le monde se fout d'où tu peux bien revenir. Il y a même des non-mignons adolescents californiens, sweat shirt, épaules affaissées et "life sucks". Coooool.
C'était bien.


Puis, rejoignons la célébrité Joan Rivers qui nous parle de sa vie au Magic Theatre dans une pièce de théâtre. Enorme changement de décor. Très l'Amérique riche. Très celebrity. Un peu trash. Je crois que personne n'avait vraiment envie de savoir ce qu'ils auraient sous leur string à 70 ans, et je me demande si elle a limité la chirurgie esthétique à son visage et à ses seins.

Re/Search


Chez Vale, c'est un peu comme un grand nid. Il y a plein de pièces rapportées sur lesquelles il faudrait réfléchir individuellement, mais on n'a pas le temps. Tout est très intéressant et je suis un peu overwhelmed. Vale et Marian sont très gentils et ils ont arrêté de classifier les gens je crois. Ils ont l'air d'avoir compris comment accoucher l'esprit des autres. Il faudrait être toute petite dans un coin avec des allumettes dans les yeux pour tout ingurgiter mais c'est impoli de ne pas parler. Alors je sacrifie au dialogue (parce que je suis très polie).

Elie est bien de cette trempe là.

Ils ont fait une counter culture hour avec Lyle Tuttle, le grand nom du tatouage. Un grand cow-boy de 70 ans qui nous dit que maintenant il tatoue des autographes. Je crois que ce n'est pas vraiment une blague. Il n'est pas tout à fait à l'aise d'être filmé en train de parler. Son premier tatouage à 14 ans, and when you start to believe in God, you wanna spread the word. Je l'aime bien. Il a offert (vendu, more like-il sait faire de l'argent comme un vrai américain) sa peau à un musée japonais pour quand il sera mort. J'irais bien aider à le scalper.

Le soir, diva noire dans un club de jazz. Elle est larger than life. On reste là à la regarder, elle et sa robe pailletée. Bientôt.

5 sept. 2007

Magic Theatre

Aujourd'hui premier work day au Magic Theatre.

J'accompagne Elie au travail. Recherche d'appartement. Je tombe sur un réceptionniste d'hôtel bizarre qui a un appartement pile dans les prix que je cherche et qui croit que je suis roumaine. Il m'appelle dear et autres et j'ai l'impression qu'un mac me propose de lui rendre quelques services. Bref. Broadway Street...
Je pars de chez Vale, laissant là l'hétéroclisme chaleureux pour aller chercher un Wall Green. C'est comme un supermarché sauf qu'au rayon nourriture il n'y a que des gateaux, des bonbons et de la glace (Elie trouve que j'exagère, moi non: même pas de pommes pré-découpées en sachet).

Comme j'ai un peu de temps avant de travailler je reste à Chinatown. J'essaie de plisser les yeux pour ne pas me faire remarquer mais c'est peine perdue. C'est le bordel à Chinatown et c'est vraiment génial. Ils vendent tout dans des petits sachets en plastique rose, tellement de trucs et je ne sais pas ce que c'est, je ne comprends rien à ce qu'ils disent mais ça sent bon et j'ai vraiment envie de cuisiner. Ils vendent des nageoires de requin aphrodisiaques, et puis des poissons dans des bocaux, du raisin sans pépins et aussi des légumes bizarres. Dès que j'ai une cuisine, j'essaie. Et dans 20 ans je reviens et je monte un restaurant à Chinatown. Je crois que c'est un des plus beaux quartiers et je me sens bien là. Il y a des espèces de portes minuscules qui ouvrent sur des caves et en fait c'est des immenses restaurants-cantines, avec des centaines de chinois dedans. On va y aller avec Elie.
Après avoir quitté les whereabouts de la mafia laotienne, je prends le bus encombré d'écolières asiatiques manga-tiques qui jacassent (garçons, piercings au nombril et orientation).

Fort Mason donne sur la baie. On voit le Golden Gate Bridge. C'est un ancien fort de la guerre de Sécession. C'est très beau. J'aime bien le Magic Theatre où je n'ai pas de bureau parce que c'est trop petit et les gens me parlent de leurs ancêtres canadiens parce que je suis française. Je lis des queries, des débuts de pièces + CV envoyés au théâtre pour être produits dans les prochaines saisons, et je vois si je leur demande la pièce entière ou si je rejette. Et oui... C'est moi qui décide, maintenant.