
Je regarde Evel Knievel, "an American motorcycle daredevil" - il a acheté une partie du Grand Canyon et a tenté de le franchir. Dans une espèce de fusée. Et ça fait presque quatre mois que je suis ici.
Après avoir identifié les plus grands problèmes des Etats-Unis (leur obsession pour les animaux de compagnie et l'existence de fantômes), je suis toujours heureuse d'être ici.
On a tiré mes cartes au Tarot, et mon futur est immaculé. Ce matin, un policier voulait qu'on échange nos numéros, et puis ce soir j'ai vu une course poursuite avec une formidable tête à queue d'une voiture de police dans le quartier des gangs mexicains...
Il y a aussi eu ce concours de films d'une minute avec un portable, sur le thème Something from Nothing, où Elie et moi avons raflé la troisième place avec notre French Theory : 0+0 = la tête à Toto ! Et discuté avec Christopher Coppola, de la famille du même nom et frère de Nicholas Cage..
Pour le reste, censure.
Et nous suivons la venue de Khadafi en France sur Ce soir ou jamais.
Pour le reste, censure.
Et nous suivons la venue de Khadafi en France sur Ce soir ou jamais.
C'est bientôt Noël. Ces dernières semaines n'ont pas été des plus faciles peut-être, pour tout le monde. Ce week-end, nous aurons un sapin. Mardi, un petit Marc qui débarque de Chicago après deux jours de train, et puis plus tard, Mathilde et Quentin de L.A., quelques jours. Nous serons donc cinq petits français sardinés dans ce petit appartement.
Il s'est passé beaucoup de choses, donc. Je suis allée chez Teresa, une fellow intern, qui vit dans un hangar réaménagé à West Oakland, avec 13 autres personnes. Une partie est une gallerie d'art, le reste c'est la maison. Et puis sur le chemin, on croise de grandes maisons victoriennes avec des poules dans le jardin, des fils barbelés, ou des gens qui vivent dans des minibus.
Aussi, je travaille sur une pièce très interessante, Octopus de Steve Yockey. Demain soir pendant la lecture, je m'occupe du son, après trois jours de répétitions. C'est une pièce sur deux couples d'hommes gays. Je me retrouve entourée de quelques Frédéric Mitterrand, qui ont peur de me choquer. C'est amusant.
[Elle se lève, et arrange sa chemise de nuit. L'appartement s'emplit d'une lumière bleue. Elle s'étire, puis s'allonge, et après quelques frétillements de pieds, s'endort sans effort.]
Il est tard.

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