4 oct. 2008

Judith



JUDITH JE T'AIME
tu restes avec moi
nena

7 sept. 2008

Mise à pied

Ces derniers mois m'ont un peu prise de court et tout a été négligé... Mais je reprends les rennes d'une main ferme, le cuir va craquer.



Les jours passent. En juillet mon stage se termine, il y un mois de vacances un peu en trop qui attend, l’argent en moins. Strasbourg. Quelques heures dans le clocher interdit d’une église dans le noir à regarder le Rhin. C’est très beau.

Vient l’odeur de rentrée, je me retrouve à l’hôpital un peu amochée, pas remarqué de dégradation, ça me tombe sur le coin de la gueule. Urgences, et puis Médecine A, même service, presque même chambre qu’il y a trois ans. La boucle est bouclée. Je m’ennuie ferme passés les premiers jours où j’émerge. Je tourne en lion, réfléchis à ce dernier mois passé. J'en sors moins virulente.

Beaucoup de conneries et de dérapages et de peurs. Aussi une nouvelle ville qui m’a beaucoup plu, malgré la surpopulation de français alcoolisés. Me suis promenée dans l’ancien red light district et c’était encore un peu l’Espagne d'avant, un jardin médiéval où certains chassent le dragon, le marché où je mange des fruits multicolores dans des barquettes en plastique et de minuscules crevettes qui me rappellent Oostende. J’évite Gaudi et me spécialise en graffitis et pochoirs. Puis le quartier hype, la projection de films en plein air où tout le monde est très arty et le film. Une exposition sur Ballard, ça me démange de lire plus que Crash, voir sa liste de films SF, retomber un peu dans ce futur criant de nous.

Et puis on me vole toutes mes affaires, pour terminer.


Alors voilà. Lille à nouveau. Il pleut, et pour me consoler je m’achète à la Braderie une fourrure – une vraie – une ancienne mallette d’infirmière de la Croix Rouge datant de la guerre et des tonnes de livres. Rainer Maria Rilke, enfin...

Et je dance sur de la techno dans le château de Fontainebleau. Pour une fois qu’il s’y passe quelque chose.

26 mai 2008

De retour en France

L'hyperactivité a signé la mort des deux derniers mois à San Francisco..

Un job enfin payé au Magic, sur Monkey Room. S'occuper de costumes odorants, du décor, quick changes pendant la pièce. Mais travailler derrière les scènes est excitant, je sais maintenant comment ça marche.

Il y a eu aussi mon stage au Centre pour le Sexe et la Culture. J'y ai cotoyé l'un des mythes de San Francisco, le couple Carol Queen-Robert Lawrence... Qui sont au-delà de leur réputation. Fondateurs du CSC, couple libertin bisexuel, ex-sex workers, connoisseurs of BDSM. Carol et ses Queen of Heaven parties, partouzes cultes, auxquelles je ne me suis (malheureusement ?) jamais rendue.. Elle a cette manie des américains West Coast, parfois si enthousiaste et mondaine qu'il est difficile de l'atteindre, dont un mois et demi ne sont pas tout à fait venus à bout. Mais un peu de vin aidant.. Ce n'est pas impossible.


Et Robert.. Je l'aime beaucoup. C'est l'exacte réplique de mon grand-père, maniaque, bricoleur, et des histoires qui n'en finissent pas d'être racontées. Il s'est battu au Vietnam, posait travesti pour les cartes de Noël de camionneurs gays, du temps où c'était encore plus ou moins interdit. Et l'autre soir, à un workshop sur le flirt en club SM, il distrayait la classe en pouffant dans un coin pendant qu'une blonde lui léchait les aisselles..
En fouillant dans la bibliothèque je suis tombée sur des photos porno de lui et Carol dans un livre d'art. Ils avaient l'air de faire autre chose.

Mais, c'est tout ce que je révèlerais pour l'instant...

7 mars 2008

Malibu


J'ai bien trop bu ce soir, car je suis en Louisiane, la Nouvelle Orléans, mais je sais que ça fait très longtemps que je n'ai rien posté..

Je suis en voyage, avant qu'Elie rentre en France, et moi à San Francisco. Donc, pas le temps.. Pour l'instant, Los Angeles, et le grand Sud. Les marais avec les alligators, Metal Skool et Pink au KeyClub avec plein de filles toutes blondes qui maintraient leurs seins, the Universal Studios, la plage, les maisons coloniales. Beverly Hills...

Demain, on se lève à l'aurore parce qu'on traverse le pays en train, pour rejoindre Marc au Michigan. Aux dernières nouvelles il fait -10, et je n'ai que mon pitoyable manteau de californienne... Mais les laines polaires de Walgreens nous attendent ! Le style, toujours...

Bientôt, je mets tout ça à jour, aussi Chloé me rejoint; il y eu Marilyn Manson, la soeur et la maman d'Elie, et encore plein d'autres choses dont il ne vous reste qu'à voir les vidéos..

Je rentre bientôt en France, mi-mai c'est bientôt non ? Alors je profite de ce pays, je crois qu'il va me manquer. Et puis j'aime tellement l'accent du Sud, y'all !

8 févr. 2008

Dressed in yella

Cinderella

The prince leans to the girl in scarlet heels,
Her green eyes slant, hair flaring in a fan
Of silver as the rondo slows; now reels
Begin on tilted violins to span

The whole revolving tall glass palace hall
Where guests slide gliding into light like wine;
Rose candles flicker on the lilac wall
Reflecting in a million flagons’ shine,

And glided couples all in whirling trance
Follow holiday revel begun long since,
Until near twelve the strange girl all at once
Guilt-stricken halts, pales, clings to the prince

As amid the hectic music and cocktail talk
She hears the caustic ticking of the clock.

Sylvia Plath

4 févr. 2008

Le Grand Meaulnes

Cela fait maintenant plusieurs mois que je me promène dans les couloirs du château enchanté.. J'ai rêvé que je rentrais en France, je regrettais terriblement. Il restait quelque chose et je l'avais raté.

Mais il me reste trois mois et demi, je suis rassurée.


Il pleut à n'en plus pouvoir, et je ne suis pas équipée. Le marché aux Fleurs du Nouvel An Chinois était inondé, alors on s'est anchré au Zoetrope, le café/headquarters de la maison de production de Francis Ford Coppola. La pluie brouille tout, les Ecritures ont bavé, c'est un peu triste en ce moment.
On décide d'aller au cinéma.. Ou au musée.

Le grand Sud américain. Un homme s'improvise en fuite: il a trouvé une mallette pleine de dollars entre les mains d'un mort, on a abattu les chiens aussi. Un tueur inaltérable est sur sa trace. Qui a des principes. Les hommes sont féroces. Le désert ne palit pas et c'est beau. No Country for Old Men.

Aujourd'hui le soleil revient. Eclipsées, les gamines insupportables à qui je fais cours dans un presbytère.. La possibilité d'un stage différent au Center for Sex and Culture.
Il reste des univers à découvrir. Vous savez.

28 janv. 2008

The Edwardian Ball

Depuis plusieurs jours, c'est le Déluge à San Francisco.
Les dieux se sont concertés, il faut noyer Sodome. Il fait froid, et nous nous demandons comment passer notre soirée autrement qu'avec une tisane en guise de chandelle. Sur un coup de tête, nous voilà serrés sous un très petit parapluie, en direction du Edwardian Ball, organisé en l'honneur du célèbre illustrateur Edward Gorey.


Arrivés au American Music Hall, nous attendons l'ouverture des portes aux côtés d'un grand gaillard steam-punk qui fourre du bois dans un immense chauffaud. Ca emet de formidables sons de locomotive. Les passants s'écrient, et l'homme secoue son imperméable et sa moustache sans s'émouvoir.

Nous entrons enfin, c'est un très beau théâtre avec une grande piste de bal, dorures et draperies en velours épais aux balconnets, une scène où s'est pendue une peau de tigre. A mesure que ça se remplit, je suis rappelée à une autre ère..


Les hommes entrent, ajustant leur monocle, frappant le parquet de leur canne à pommeau. Chapeau haut de forme, lunettes d'aviateur - oui, c'est là qu'est l'avenir, mon cher - et grands manteaux de fourrure, montre à gousset bien en place. Ils ont à leur bras une très belle femme, qui entre en faisant comme si de rien n'était. Robe à tournure, corset lacé, les cheveux remontés en un chignon impeccablement défait, petit chapeau épignlé sur le côté, ou au contraire, bateau pirate chancelant. Des gestes un peu maniérés, les mains retournées, avec ce charme désuet - ce soir-là: le charme brut.

Tout le monde est habillé
. Je suis envieuse, car malgré mes cheveux bien arrangés, je suis venue à la 21ème.. Mais l'ambiance éclipse ce détail, je suis prise par les remous.

Sur la scène s'enchainent tableaux vivants, de petites histoires byronnesques, actes de cirque, revues dénudées, cabaret, the Unextraordinary Gentlemen, au chanteur exquisitely terrifying.


Pendant ce temps, les têtes tombent sous la guillotine: les gens comptent "Un, deux, trois !" en français, de petites mains s'affairent avec leur mètre, claquant fermement les lacets, et les tréfonds exhalent des vapeurs diaboliques, car les robots s'éveillent. Tout est magnifique. La foule est en joie, elle hurle aux prouesses de la trapéziste, tapant du pied au son d'Edward Gorey revenu, et se foutant bien du Déluge et des dieux qui lui en veulent. Les verres se vident, les yeux se croisent, et les danseuses se déshabillent.

Ces deux étranges nuits ont passé.. Ce matin, je m'éveille nostalgique. Et le beat techno des voisins n'arrange rien. C'est déjà dit: je me suis bien trompée d'un siècle.
Qu'il en soit ainsi.